Affiche Nocturnes2

06/07/16 : Chœur de l'Eglise Maronite de France

Chœur de l'Eglise Maronite de France

Violet... 

 

 

Le premier concert de la saison 2016, celle qui marque les dix ans du festival des Nocturnes de la cathédrale de Rouen, sera dédié à la lumière,  illumination des hommes, splendeur des cieux, halo vivement coloré qui tombe des vitraux, clarté en noir et blanc que célèbre ce soir la tradition liturgique maronite. Les concerts de l'été seront d'ailleurs  placés  sous le signe du changement et des échos, de la couleur et des jeux de contrastes. 

Les voix s'élèvent, le chant monte, les rayons s'allument, les flammes s'allongent, les ombres reculent. Le rédempteur s'avance hors de l'ombre.   Le premier hymne, composé en l'honneur de la lumière divine, exalte « Jésus, plein du lumière, qui éclaire les créatures. » Ensuite paraît  Marie, dont « l'enfant est une belle aurore. »  Elle incarne  celle « qui n'aura plus de soleil pour lumière pendant le jour [car] l'Eternel sera pour elle une lumière éternelle.»  Le dialogue s'instaure ensuite entre l'opacité moirée et la lueur irisée. On perçoit la tension dramatique entre une obscurité  inquiétante et un éclat bienfaisant. La splendeur solaire du Christ ressuscité dissipe alors « l'armée des ténèbres. » Les litanies de la vierge consacrent enfin le triomphe du jour sur la nuit, la victoire de la vie sur la mort. « Marie, tu as transcendé le soleil et la lune tous les astres qui planent dans le ciel. » La métaphore se file en clair obscur, l'image se reflète, le sens figuré accroit le sens propre en transmuant la lumière physique en rayon de la foi. L'invocation finale à la Vierge compare celle-ci à « l'étoile de l'aurore. » [Elle] brille dans nos temples, et éclaire nos esprits, nos oreilles et nos yeux. » 

Chaque homme dans sa nuit... il s'agit là d'un beau titre choisi par Julien Green pour déplorer la noirceur oppressante qui enserre le  héros de son roman, toujours seul, silencieux, désespéré. La lumière, source matérielle autant que spirituelle, guide pourtant dans la pénombre ceux qui la cherche ardemment, comme le phare aimante le vaisseau. « Il n'a pas besoin de flambeau celui qui marche éclairé par le ciel. » réplique à Dom Juan la statue du Commandeur. 

L'amour utilise également le feu pour  gager ses serments. Ainsi l'écrit Hamlet à Ophélie : 

 « Doutez qu'au firmament l'étoile soit de flamme
Doutez que dans les cieux marche l'astre du jour
La sainte vérité doutez-en dans votre âme
Doutez de tout enfin, mais non de mon amour»
 

Saint François d'Assise, dans son Cantique des créatures, loue ainsi les luminaires qui sont tout à la fois torches et signes mystiques.

« Loué sois-tu, mon Seigneur, 
avec toutes tes créatures, 
spécialement messire frère Soleil, 
par qui tu nous donnes le jour, 
la lumière : 
il est beau, rayonnant 
d'une grande splendeur, 
et de toi, le Très-Haut, 
il nous offre le symbole. »

L'espoir et la douleur évoqués par les chants nous rappellent que la voix reste l'instrument premier de la célébration mais aussi de la déploration. Joie et tristesse se mêlent. Qu'elle soit humaine ou divine, il faut se souvenir aussi que la gloire s'incarne littérairement comme picturalement dans le faisceau et que le terme gloires au pluriel qualifie les trouées, ouvertes dans les nuées, prodigieuses et phosphorescentes, dont les peintres religieux classiques baignaient leurs compositions. Le concert de ce soir est à l'image du violet, couleur première de pénitence et de deuil qui s'atténue mais surtout  couleur de l'entre-monde, teinte située à mi chemin entre le froid et le chaud, nuance qui selon les peintres du XIX siècle congédiait  le jour, ici bas,  au crépuscule, et ouvrait en grand les portes nocturnes de l'au-delà. 

 

 
 

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Tous les mercredis à 21h,
du 6 juillet au 17 août 2016

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